Activité Physique Adaptée, Rééducation et Cancer du sein

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Dernière mise à jour : 20/12/2013


Les plans cancer I et II recommandent la réadaptation et la réinsertion dans la vie psycho-sociale par l’accès facile aux soins de support.

Alors que plusieurs études montrent l’intérêt de l’exercice et de la rééducation:

  • Le sujet n’est pas assez abordé dans la relation soignant / soigné ou ignoré.

– Fausses idées, défenses.

  • L’offre de soins manque de :

– Initiative et communication,

– Savoirs, savoir-faire, savoir-être,

– Lisibilité et égalité d’accès aux soins.

 

Objectifs du référentiel « Activité Physique Adaptée, Rééducation et Cancer du sein »

1. Pour les soignants

  • Sensibiliser tous les soignants qui prennent en charge des malades porteuses d’un cancer du sein à l’Activité Physique Adaptée (APA).
  • Mettre à la disposition des soignants un pré-requis simple qui leur permet d’aborder la question de la rééducation /réadaptation et de l’APA avec le patient.
  • Partager une sémantique commune.

2.Pour le parcours de la personne malade atteinte de cancer de sein

  • Organiser à chaque niveau de responsabilité des soignants et à chaque étape du parcours de soins, la prise en charge rééducation / APA.
  • Intégrer cette prise en charge dans la pratique quotidienne.
  • Proposer une réponse et une meilleure prise en charge des troubles.

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Contributeurs

Coordination
Anne MEUNIER / Paul CALMELS (Réseau Espace Santé Cancer Rhône-Alpes)

Méthodologie
Majid BRUNET (Réseau Espace Santé-Cancer / Rhône-Alpes)

Membres du groupe de travail
BARTHELEMY Jacques, BAUDINET Cédric, BERNARD Stéphanie, BERTHOUZE Sophie, BORLET Marie, BOSCHETTI Stéphanie, CAILLEUX Pierre-Etienne, CALCAGNO Béatrice, CARAYOL Marion, CHATEIL Stephane, DEROUBAIX Hervé, DURET Joelle, FOUCAUT Aude-Marie, GABELLE-FLANDIN Isabelle, GUILLARD Marie, GROISBOIS Sophie, KUMMEL Fanny, MEGE Alice, MENNEVEAU Nathalie, MORISSET- NOUET Marie-Isabelle, MOUSSEAU Mireille, NALLET Gilles, PAVIC Michel, RANQUE GARNIER Stephanie, RIQUOIR Michel, ROMESTAING Pascale, RIGAL Olivier, TARDY Marin, TRAGER MAURY Stéphanie, TROY Pierre, VANLEMMENS Laurence, VESSELLE Vincent, WENDLING Jean-Louis.

Relecture

Approbateurs (participants aux ateliers des J2R du 19/12/2013)
BALLERIO Alyssia (Monaco), BEAUVOIS Corinne (Cergy), BESNARD Stéphanie (Boulogne), BLAIZOT Xavier (Herouville St Clair), BOURGEOIS Chrystel (Pringy), CALCAGNO Béatrice (Monaco), CIVET-BOURNEZ Bernadette (Besançon), DELFOUR Florence (Cergy), DELPORT Joëlle (Créteil), DESCHENES Carole (Chartres), ESTEVES Maria-Héléna (Cergy), FRENAY Cécile (Nancy), GARCIA Virginie (Aubagne), GIAI-CHECA Dominique (Chambéry), HARNIST Christelle (Aubagne), LEMOINE Laëtitia (Loos), MARQUEZ Stéphanie (Tarbes), MENEVEAU Nathalie (Besançon), MEURISSE M.Pierre (Fort de France), PAILLER Bernadette (Limoges), REINIGER Chantal (St Quentin), ROUTHIER Michel (Thonon Les Bains), TROY Pierre (St Etienne), VANLEMMENS Laurence (Lille), VERHAEGHE Emilie (Orléans),

Pourquoi un référentiel spécifique « Activité Physique Adaptée, Rééducation et Cancer du sein ?

Les plans cancer I et II recommandent la réadaptation et la réinsertion dans la vie psycho-sociale par l’accès facile aux soins de support.

Alors que plusieurs études montrent l’intérêt de l’exercice et de la rééducation:
Le sujet n’est pas assez abordé dans la relation soignant / soigné ou ignoré.
Fausses idées, défenses.
L’offre de soins manque de :
Initiative et communication,
Savoirs, savoir-faire, savoir-être,
Lisibilité et égalité d’accès aux soins.

Objectifs du référentiel « Activité Physique Adaptée, Rééducation et Cancer du sein »

  1. Pour les soignants
  • Sensibiliser tous les soignants qui prennent en charge des malades porteuses d’un cancer du sein à l’Activité Physique Adaptée (APA).
  • Mettre à la disposition des soignants un prérequis simple qui leur permet d’aborder la question de la rééducation /réadaptation et de l’APA avec le patient.
  • Partager une sémantique commune.
  1. Pour le parcours de la personne malade atteinte de cancer de sein
  • Organiser à chaque niveau de responsabilité des soignants et à chaque étape du parcours de soins, la prise en charge rééducation / APA.
  • Intégrer cette prise en charge dans la pratique quotidienne.
  • Proposer une réponse et une meilleure prise en charge des troubles.

 

Rationnel de l’activité physique dans la prise en charge des cancers du sein

  1. Diminution du risque de cancer du sein (prévention primaire)

Selon le Fond Mondial de la Recherche sur le Cancer (WCRF, 2010), l’AP réduit le risque de cancer du sein avec un niveau de preuve :

  • Probable1, après la ménopause (diminution du risque de 3% pour 7 MET.h/ sem. d’AP de loisir)
  • Limité2, avant la ménopause
  1. Amélioration symptomatique (prévention secondaire)

Pendant les traitements adjuvants, chimiothérapie et/ou radiothérapie (ACSM, 2010; Carayol, 2013) :

  • Capacité aérobie, Force musculaire [Niveau A3]
  • Poids, Composition corporelle (masse grasse/maigre) [Niveau B4]
  • Fatigue, Qualité-de-vie, Anxiété, Dépression [Niveau B4]
  • La prescription de doses modérées (~ 90 à 120 min/sem d’AP modérée) est préconisée car elle est associée à une amélioration de la fatigue et de la qualité-de-vie
  • Douleurs articulaires : amélioration de la compliance (IRWIN SA 2013) Niveau A

Après les traitements adjuvants (ACSM, 2010; Cramp, 2012; Mishra, 2012; Brown, 2012) :

  • Force musculaire, Souplesse [Niveau A3]
  • Poids, Composition corporelle (masse grasse/maigre) [Niveau B4]
  • Fatigue, Qualité-de-vie (dimensions physique et sociale)
  • Anxiété, Dépression, Image du corps [Niveau B4] notes 1

Toutes périodes confondues (ACSM, 2010; Fong, 2012) :

  • Innocuité de l’AP
  • Diminution des IGF-1
  1. Amélioration de la survie

AP pratiquée avant le diagnostic: (Enger, 2004; Irwin, 2008; Abrahamson, 2006; Ibrahim, 2011)

  • Pas d’effet sur la mortalité liée au cancer du sein
  • Diminution de la mortalité générale de 16% [95%IC: 1; 33]

AP après le diagnostic: (Holmes, 2005; Holick, 2008; Irwin, 2008; Sternfeld, 2009; Ibrahim, 2011 ; Ballard-Barbash, 2012)

  • Diminution de la rechute de cancer du sein de 24% [95%IC: 13; 34]
  • Diminution de la mortalité liée au cancer du sein de 33% [95%IC: 23; 43]
  • Diminution de la mortalité générale de 41% [95%IC: 35; 47]
  • Meilleur bénéfice chez les patientes avec IMC > 25 ou récepteurs aux œstrogènes positifs (ER+)

notes 2

Mécanismes et hypothèses d’action

  1. Limitant la croissance tumorale
  • Diminution des œstrogènes libres et augmentation de la SHBG, particulièrement en post-ménopause. En prévention tertiaire (antécédent de cancer), l’AP réduit un facteur de croissance estrogénique des cellules cancéreuses. notes 3
  • Diminution de l’insulinorésistance et de l’insulinosécrétion (l’insuline étant un facteur anti-apoptotique stimulant la prolifération cellulaire)
  • Diminution du taux d’IGF1 (facteur de croissance) sauf pour les activités très intenses qui peuvent entrainer une augmentation de l’IGF1
  • Accroit la sécrétion d’adiponectine (pro-apoptotique) et diminue celle de leptine (agent mitogène)
  • Diminution des marqueurs inflammatoires (CRP, IL6, TNFα)
  1. Luttant contre les effets secondaires liés à la maladie et à ses traitements
  • Fatigue: maintenir ou augmenter la condition physique(1) . L’activité physique est le seul traitement validé de la fatigue en oncologie (Cf référentiel fatigue)
  • Douleurs ostéo-articulaires (Irwin 2013)
  • Anxiété, dépression : diminution du stress, des troubles du sommeil, de la fatigue
  • Image du corps : réappropriation du corps
  • Contrôle du poids : diminution de la masse grasse, maintien de la masse maigre.

Ahlberg, 2003 ; Al Majid, 2009 ; Irwin, 2006 ; Friedenreich, 2010 ; Ligibel 2008, De Salles 2010 ; Romieu, 2012 ; Neilson, 2009

Les freins au développement de l’AP pendant et après cancer du sein

  • Les freins liés à la patiente :

– L’état de santé (Ness, 2006)

– L’état clinique : douleur, limitations articulaires, lymphoedème, mastectomie
– L’état fonctionnel : difficultés dans les mouvements de la vie quotidienne
– L’état général : fatigue, variation de poids
– L’état psychologique : dépression, anxiété, image de soi

  • La peur ou appréhension : des mouvements ou exercices

 

  • Les freins culturels : à la pratique d’une activité physique, absence d’envie

 

  • Les freins pratiques : manque d’information, absence de lieu de pratique, accessibilité, conditions de pratique, coût (Blaney, 2011 et Ottenbacher, 2011)

 

  1. Les freins liés à l’entourage :
  • La peur, les fausses croyances (maladie et fatigue = repos), la surprotection ou l’isolement

 

  1. Les freins liés au corps médical :
  • La peur : fausses croyances et craintes médico-légales : maladie et fatigue = repos ; pas de bénéfice de l’AP et risques de complications loco-régionales

 

  • L’état clinique : la fragilité, la douleur, l’état cutané, le risque de lymphoedème

notes 4

 

  • La population la plus vulnérable doit être la cible prioritaire :
    – Les femmes :

    • ménopausées,
    • vivant seules,
    • en surpoids ou obèses,
    • sous chimiothérapie et/ou radiothérapie,
  • voient leur niveau d’AP diminuer de façon plus importante notamment pour les activités de loisirs, domestiques et de déplacement (Huy, 2012 ; Irwin, 2003 ; Kwan, 2012).
  • A contrario :
    • un niveau d’AP initial important,
    • un âge jeune,
    • un niveau d’éducation élevé,
    • une vie en couple,
    • une absence de tabagisme,
    • un stade de maladie moins sévère,
    • une absence de symptômes dus aux traitements, à distance du diagnostic,
    • une meilleure qualité de vie (QdV),
    • un ratio tour de taille/taille et un IMC moindre,
  • seraient prédictifs d’un maintien de l’AP et du suivi des recommandations internationales d’AP (Beasley et al., 2012; Chen et al., 2011; Harrison et al., 2009; Pinto, Trunzo, Reiss, & Shiu, 2002).

Bilan avant prise en charge en APA et/ou rééducation

Bilan général à toute prise en charge : pour déterminer la condition physique générale

Etat général :
Médical : ATCD, comorbidités et/ou handicaps et selon le stade de la maladie, bilan d’extension et biologique

=> certificat d’autorisation de pratique

Contexte environnemental et psycho-social
Activité physique : pratique antérieure, activité professionnelle, préférences, attentes de la patiente, investissement, intégration possible dans son parcours de soins.

Etat locomoteur :
Médical et/ou kinésithérapique si besoin : Centré sur membre supérieur, mais aussi global

  • Bilan trophique : état cutané, cicatrice, œdème
  • Bilan articulaire et musculaire analytique : cervical, ceinture scapulaire, épaule, coude, main et poignet, thorax, (actif, passif et contro-latéral)
  • Bilan fonctionnel (Activités de la Vie Quotidienne – AVQ) : préhension, déambulation, mobilité globale

=> +++ Restrictions : type d’aptitude ou aptitude avec réserves

Etat de la condition physique (professeur d’APA et/ou kinésithérapeute/éducateur sportif) : évaluation en fonction de la possibilité de chaque structure et des objectifs du programme, bilans fonctionnels et de terrain :

  • Tests de capacité aérobie (tests sous-maximaux et/ou questionnaires)
  • Tests d’équilibre
  • Tests de souplesse notes 5
  • Force musculaire
    Endurance musculaire
  • Composition corporelle

Une situation métastatique n’est pas une contre-indication en soi à la pratique d’une AP adaptée et supervisée, sous réserve d’un bilan et de préconisations spécifiques du médecin spécialiste référent.

L’APA

Comment classer les intensités d’AP ?

Le niveau d’effort requis pour une activité physique est estimé en multiples du métabolisme de base : l’Equivalent métabolique, MET (Metabolic Equivalent Tasks)

  • Au repos la dépense énergétique est de 1 MET-h (personne sans comorbidités)
  • Sont considérées comme des activités physiques, les activités > 2 MET-h
  • Le coût énergétique varie en fonction de l’intensité de l’AP. Pour des conditions standards :
    • < 3 METs pour une activité légère
    • 3-6 METs pour une activité modérée (Marche rapide ou à allure soutenue)
    • > 6 METs pour une activité soutenue

Une AP à 5 METs exige une consommation d’O2 cinq fois plus importante que celle de repos A noter : 1 MET = 3.5 ml O2/kg/min 1 MET équivaut à 1 kcal/kg/h

NB

  • les coûts énergétiques sont à ajuster selon niveau d’AP initial de la personne, à son poids et sa composition corporelle si connue – Par ex : une activité modérée correspond à 3-6 METs pour un individu ayant une condition physique moyenne, alors qu’elle sera à 5,5-7,5 METs pour quelqu’un ayant une condition physique plus élevée.
  • L’évaluation de l’intensité doit être fonction de l’état pathologique et du niveau d’activité de l’individu.
  • MET-h/sem : intensité rapportée au temps d’AP pratiquée dans la semaine. Ex : 9 MET-h/sem correspond à 3 fois 1 heure d’AP d’une intensité de 3 METs dans la semaine (ou 6 fois 30min par semaine)

Niveau d’effort requis pour différentes activités physiques de la vie quotidienne

Classement de diverses activités physiques par valeur de dépense énergétique approximative, en MET

niveau d'effort requis

L’activité physique adaptée : quand ?

  • A tout moment,
  • Peut être proposée dès le diagnostic,
  • Et quoiqu’il en soit, le plus tôt possible dans le parcours de soin
  • Y compris après la fin des traitements

Préconisation (s)

  1. Informer sur l’APA dès le diagnostic – annonce
  1. Initier / pratiquer :
  • si la patiente est active : poursuite AP habituelle si niveau AP le permets, sinon orientation vers séances APA
  • si la patiente n’est pas active : initiation à l’AP par l’APA en fonction du niveau d’AP initial
  1. Si nécessaire : Rééducation au préalable et/ou en parallèle d’un programme d’APA 4.
  1. Passage ou retour à une AP dès que possible

notes 6

Dans quels lieux et dans quelles conditions ?

Pendant la phase des traitements

  • Favoriser la consultation par un professionnel formé (enseignant en APA-Santé ou kinésithérapeute formé en cancérologie) dès le diagnostic pour prévenir et/ou lutter contre le déconditionnement et sensibiliser sur les bénéfice de l’AP en terme de survie, de prise de poids et de fatigue (éducation thérapeutique).
  • Salle mise à disposition dans le service hospitalier ou à proximité immédiate, salle du plateau technique d’un SSR si proximité.

A la fin des traitements

  • Pour les patientes non ou peu déconditionnées : possibilité selon les cas de rejoindre le milieu sportif ou associatif ordinaire ou des groupes de patients organisés dans le contexte environnemental de la patiente avec un professionnel formé ou sensibilisé.
    • Structures associatives, sportives ou de loisir ou tout milieu naturel « accueillant»,
  • Pour les patientes les plus déconditionnées : séjour de reconditionnement/réadaptation physique à envisager en :
  1. privilégiant un mode de soin ambulatoire libéral (kinésithérapique) ;
  2. envisageant selon le niveau un programme ambulatoire SSR si pluridisciplinarité envisagée (kinésithérapie et APA
    – éducation thérapeutique) ;
  3. Réservant le séjour en SSR dans le cas d’un déconditionnement avéré, présence d’autres déficiences ou contexte particulier socio-environnemental.
  • En règle générale, on évitera les salles de sport publiques s’il n’y a pas d’accompagnement par un professionnel formé (risque de mauvaise expérience sur terrain, méconnaissance des risques tels que le lymphœdème,…), regard de l’autre, …

A distance

  • Le but est de rejoindre les structures associatives sportives ou de loisirs (autonomisation).

Par quels professionnels ?

Un professionnel formé et expérimenté en APA et aux spécificités du cancer

  • Pour réaliser un bilan initial, concevoir un programme personnalisé, le mettre en œuvre, et l’évaluer
  • Pour respecter d’éventuelles contre-indications médicales à la pratique, tenir compte d’indications
  • Ayant obtenu une formation complémentaire en cancérologie ou avoir acquis une expérience dans ce champ de compétence

Les professionnels pouvant intervenir sont (cf Référentiel APA et cancer) :

  • Un enseignant APA-Santé (Activité Physique Adaptée -Santé) Licence STAPS mention APA-Santé (homologué
    niveau II) est à privilégier car :

    • Le professionnel APA-Santé a les connaissances pratiques et scientifiques indispensables à la mise en mouvement des personnes en situation de handicap, de maladies chroniques, ou de vulnérabilité
    • Il est titulaire d’un Diplôme d’Etat du Ministère de l’Education Nationale Licence (Enseignant APA-Santé) ou Master (Ingénieur APA-Santé) – Formation universitaire à l’UFR STAPS
  • Un kinésithérapeute formé à la cancérologie et à l’AP.
  • Un éducateur sportif titulaire Brevet d’Etat d’Educateur Sportif (homologué niveau IV) titulaire d’un Brevet d’Etat, option APT (1) , formé à la cancérologie (DU)

Le champ d’intervention et de compétence requise de l’intervenant en APA peut varier selon le lieu d’exercice (hospitalier MCO / hospitalier SSR / milieu associatif) et le stade ou moment d’intervention (phase de traitement en particulier).

(1) Activité Physique pour Tous

La rééducation

La rééducation (Cf bilan pré APA)

  • Elle est proposée dès le lendemain de la chirurgie.
  • Elle vise à la reprise d’une activité quotidienne proche de la normale pour les gestes d’habillage, de toilette avec des conditions de pratique et d’éducation, dont, les gestes à limiter : le port de charges lourdes et les mouvements contre résistance et de grande amplitude
  • Lors du contrôle post-opératoire, proposer un bilan kinésithérapique si nécessaire, centré sur le membre supérieur, mais aussi global avec :
    • Bilan de la douleur : Echelle numérique , présence ou non d’un syndrome régional douloureux complexe
    • Bilan trophique : Cutané, cicatrice, localisation,
    • Bilan postural : attitude antalgique et/ou de protection du sein, évaluation des différentes tensions musculaires, et des troubles posturaux
    • Bilan musculo-articulaire : limitation de l’épaule. Evaluation des limitations des amplitudes articulaires surtout au niveau de l’épaule
    • Bilan neurologique : troubles moteurs et de la sensibilité
    • Bilan vasculaire : œdème (sein, thorax, bras).

La rééducation relève toujours d’une prescription médicale

Rééducation et cicatrices

En règle générale deux cicatrices témoignent :

  1. de l’ablation du sein ou de la tumeur;
  2. du curage axillaire ou de l’ablation du ganglion sentinelle ; que l’on soit en présence d’une tumorectomie, oncoplastie, mastectomie, RMI, RMD, les cicatrices feront toujours l’objet d’une kinésithérapie douce, attentive et prolongée.

Objectifs

  • Empêcher les fibroses et adhérences, assouplir les cicatrices
  • Maintenir les amplitudes articulaires de l’épaule pour aborder la radiothérapie
  • Préparer à une éventuelle reconstruction

Techniques manuelles

  • Faire glisser les espaces de glissement à distance
  • Tractions, poussées, travail dans l’axe de la cicatrice
  • Manœuvres de palper-rouler, pétrissages, effleurages, pincer-tourner, étirements orthodermiques
  • Varier les positions d’étirements en associant la respiration
  • Associer le drainage veino-lymphatique manuel en cas de lymphœdème

Techniques mécaniques

  • Vérifier le niveau inflammatoire avant toute intervention
  • Application de massothérapie mécanique par aspiration simple ou rythmée

Rééducation : troubles posturaux et musculo-articulaires

Objectifs

  • Détecter, évaluer et corriger si possible les mauvaises postures
  • Evaluer et traiter les douleurs post-opératoires
  • Prévenir et lutter contre l’attitude de protection du sein : position de l’épaule en enroulement et élévation, bras collé au corps en rotation interne, sonnette et rotation médiales de l’omoplate, hypercyphose thoracique et hyperlordose cervicale (associée à un certain nombre de contractures musculaires et douleur).
  • Prendre en compte : rachis cervico-dorsal, épaule et membre supérieur

Moyens

  • Massages
  • Mobilisation (du passif à l’actif) analytique puis globale
  • Auto mobilisation
  • Assouplissement
  • Gymnastique
  • Relaxation
  • Exercices respiratoires
  • Corrections des mouvements de la scapula
  • Attention au port à cath
  • Prise en compte pour chaque type de chirurgie de lésions potentielles spécifiques

APA-soins

Les situations particulières

Le lymphœdème

Prévention

  • Groupe à risque : les patientes ayant eu un curage
  • Attention à ne pas mettre trop de restrictions conseils, explications délivrées par le kiné pour personnaliser les conseils

La crainte du lymphoedème ne doit pas limiter la pratique d’une activité physique adaptée.
Elle doit cependant être prise en compte dans l’activité professionnelle.

=> Référentiel AFSOS « Prise en charge du lymphoedème secondaire du membre supérieur après cancer du sein »

La bride rétractile

Il n’existe, à ce jour, pas de données sur la physiopathologie des brides dans la littérature ; il n’existe pas de consensus sur leur prise en charge thérapeutique.

L’épaule gelée ou capsulite rétractile

  • L’essentiel est d’éviter son installation.
  • Sa prise en charge s’inscrit dans des programmes de rééducation spécifiques.

 

Communication & Education thérapeutique

 

Communication

communication

Education thérapeutique

Définition de l’éducation thérapeutique

Elle vise à aider les patients à acquérir ou maintenir les compétences dont ils ont besoin pour gérer au mieux leur vie avec une maladie chronique.
Elle fait partie intégrante et de façon permanente de la prise en charge du patient.
Elle comprend des activités organisées, y compris un soutien psychosocial, conçues pour rendre les patients conscients et informés de leur maladie, des soins, de l’organisation et des procédures hospitalières, et des comportements liés à la santé et à la maladie.
Elle a pour but de les aider (ainsi que leurs familles) à comprendre leur maladie et leur traitement, collaborer ensemble et assumer leurs responsabilités dans leur propre prise en charge, dans le but de les aider à maintenir et améliorer leur qualité de vie.

Les finalités sont entre autre La mobilisation ou l’acquisition de compétences d’adaptation : compétences personnelles, cognitives, physiques qui permettent aux personnes de maitriser et de diriger leur existence et d’acquérir la capacité à vivre dans leur environnement et à modifier celui-ci.

Acquisition de compétences :

  • Connaitre ses besoins (réadaptation à l’effort, maintien de sa condition physique…)
  • Comprendre (sa maladie, les bénéfices de l’AP)
  • Mesurer, repérer (indicateur d’intensité : FC, essoufflement, effort perçu…)
  • Ajuster (à son niveau d’AP initial, à son emploi du temps…)
  • Pratiquer (régulièrement, conformément aux recommandations…)

L’APA peut rentrer dans le cadre d’un programme d’éducation thérapeutique : notamment en lien avec un programme d’éducation thérapeutique nutritionnelle.
Peut aussi être faite en parallèle

Rapport de l’OMS-Europe, publié en 1996, Therapeutic Patient Education – Continuing Education Programs for Health Care Providers in the field of Chronic Disease, traduit en français en 1998.

Annexes

  • Annexe 1 : Lexique
  • Annexe 2 : Quelques définitions
  • Annexe 3 : Recommandations en prévention primaire et tertiaire
  • Annexe 4 : Recommandations minimales à la mise en oeuvre de programmes d’APA en sénologie
  • Annexe 5 : Exemple de prise en charge de rééducation
  • Annexe 6 : le poids et la composition corporelle

 

Références bibliographiques

 

Documents cités dans le texte (par ordre de citation dans le texte)

Carayol M. Le rôle de l’activité physique dans la prévention tertiaire du cancer. Journal de pharmacie clinique 2013;32(1):23-30

Carayol M, Bernard P, Boiche J, Delpierre C, Ninot G et al. Psychological effect of exercise in women with breast cancer receiving adjuvant therapy: what is the optimal dose needed? Annals of Oncology 2013;24(2):291-300

Mishra SI, Scherer RW, Snyder C, Geigle PM, Berlanstein DR, Topaloglu O; Exercise interventions on health-related quality of life for people with cancer during active treatment (Review); The Cochrane Collaboration, 2012

Brown JC, Huedo-Medina TB, Pescatello LS, et al. The efficacy of exercise in reducing depressive symptoms among cancer survivors: a meta-analysis. PLoS ONE 2012; 7: e30955.

Fong Daniel Y T and al. Physical activity for cancer survivors: meta-analysis of randomised controlled trials; BMJ 2012;344:e70 doi: 10.1136/bmj.e70

Irwin ML., Crumley D., McTiernan Anne and al. Physical Activity Levels before and after a Diagnosis of Breast Carcinoma; American Cancer Society, April 1, 2003 / Volume 97 / Number 7

Ibrahim E. M., Al-Homaidh A. Physical activity and survival after breast cancer diagnosis: meta-analysis of published studies. Med Oncol 28(3) :753-65

Sternfeld B, Weltzien E, Quesenberry CP, Jr., Castillo AL, Kwan M, Slattery ML, Caan BJ: Physical activity and risk of recurrence and mortality in breast cancer survivors: findings from the LACE study. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev 2009, 18(1):87-95.

Ottenbacher A. J., Day R. S., Wendell C. T., Sharma S. V., Sloane R., Snyder D. C., et al. Exercice among breast and prostate cancer survivors – what are the barriers ? J Cancer Surviv DOI 10.1007/s11764-0184-8

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Blaney J. M., Lowe-Strong A., Ranking-Watt J., Campbell A., & Gracey J. H. Cancer survivors’ exercise barriers, facilitators and preferences in the context of fatigue, quality of life and physical activity participation: a questionnaire-survey. Psycho-Oncology DOI 10.1002/pon.2072

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