Adaptation Posologique et Troubles de la Fonction Rénale – Chimiothérapies et Thérapies Ciblées

    #Toxicité des traitements

Dernière mise à jour : 14/01/2013


La maladie rénale chronique ou insuffisance rénale chronique  est définie sur la base de l’existence depuis plus de 3 mois d’une réduction du débit filtration glomérulaire estimé par la formule « aMDRD » et ou par la présence de marqueurs rénale.

Ce référentiel abordera les sujets suivants :

  • Définition de l’insuffisance rénale chronique
  • Évaluation de la fonction rénale chez les patients atteints de cancer
  • Fréquence de l’insuffisance rénale chronique en Oncologie
  • Conséquences de l’insuffisance rénale chronique
  • Chimiothérapies & Rein
  • Conduite à tenir

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Contributeurs

Coordination :

Vincent Launay-Vacher (Service ICAR, CHU Pitié-Salpêtrière, Paris).

Groupe de travail :

• Service ICAR : Nicolas Janus, Vincent Launay-Vacher, Sarah Zimner-Rapuch.

• Néphrologie : Corinne Isnard-Bagnis (CHU Pitié-Salpêtrière, Paris), David Ribes (CHU de Toulouse).

• Oncologie :  Nicolas Jovenin (Institut Jean Godinot, Reims).

• Participants à l’atelier : Nicolas Jovenin (Institut Jean Godinot, Reims), Régine Ferry (Centre Paul Strauss, Strasbourg), Ivan Krakowski (Centre Alexis Vautrin, Vandoeuvre-Les-Nancy)

Méthodologie

• Recherche dans les Résumés des Caractéristiques des Produits (RCP) des médicaments

• Recherche bibliographique sur la pharmacocinétique, la tolérance et l’efficacité des médicaments chez le patient insuffisant rénal

• Recherche sur le SiteGPR® (www.sitegpr.com)

Définition de l’insuffisance rénale chronique ( IRC )

La maladie rénale chronique (MRC) ou insuffisance rénale chronique (IRC) est définie sur la base de l’existence depuis plus de 3 mois d’une réduction du débit de filtration glomérulaire (DFG) estimé par la formule aMDRD et/ou par la présence de marqueurs d’atteinte rénale.

Définition des KDOQI (USA), KDIGO (international), et Agence de Biomédecine (France).

 

Marqueurs d’atteinte rénale :

• Anomalies morphologiques (à l’échographie ou autres examens…)

• Anomalies histologiques (une biopsie rénale)

• Anomalies biologiques :

– protéinurie clinique1

– albuminurie2

– hématurie

– leucocyturie.

1Ratio albuminurie/créatininurie > 30 mg/mmol (> 300 mg/g) ou ratio protéinurie/créatininurie > 50 mg/mmol (> 500 mg/g) ou une protéinurie des 24 heures > 0,5 g.

2Un ratio albuminurie/créatininurie de 3 à 30 mg/mmol est considérée comme un marqueur de risque de maladie rénale chronique chez le diabétique de type 1 ou de type 2 et comme un marqueur indépendant de risque cardiovasculaire chez l’hypertendu.

 

 

Evaluation de la fonction rénale chez les patients atteints de cancer

Créatininémie seule = Insuffisant (sauf pour l’IRA)

Formule de Cockcroft-Gault = Non

Formule aMDRD = Oui

 

Formule aMDRD :

DFG (ml/min/1,73 m²) = 186,3×(âge)−0,203×(Scr) -1,154 (×1,212 si Afro-Américain et×0,742 si sexe féminin) avec Scr=créatininémie (mg/dL) (Résultat à normaliser à la SC du patient pour adapter la posologie des médicaments).

 

Chez les patients cachectiques, il est préférable de mesurer la fonction rénale en réalisant un recueil urinaire des 24 heures en s’assurant que celui-ci est fiable

Fréquence de l’insuffisance rénale en Oncologie

La prévalence d’un DFG<90 varie de 50,2 à 72,0% en Oncologie ( voir annexe pour plus d’informations  )

Conséquences de l’insuffisance rénale en Oncologie

L’IRC est un facteur de risque indépendant de mortalité (HR : 1,12 à 1,75).

L’IRC est un facteur de risque de morbi-mortalité cardiovasculaires.

 

1 – Si l’IRC n’a pas été diagnostiquée OU Si l’IRC a été diagnostiquée mais les posologies mal ou pas adaptées

–> SUR-DOSAGE –> Toxicité (extra-rénale/rénale) –>

– cures ultérieures retardées

– modification de traitement

– arrêt de traitement

– passage en palliatif

– aggravation de l’IR (en cas de médicaments néphrotoxiques)

 

2 – Si l’IRC a été diagnostiquée mais les posologies trop réduites

–> SOUS-DOSAGE –> Perte d’efficacité

 

Adaptation de la posologie des médicaments selon la fonction rénale (Dosage des médicaments, si nécessaire et si possible)

 

Chimiothérapies et Rein Tolérance Rénale

Les agents anticancéreux peuvent induire des insuffisances rénales par de multiples mécanismes.

 

mecaniquesimpliquees

 

Eviter de prescrire des médicaments néphrotoxiques (dans la mesure du possible) Attention aux médicaments OTC néphrotoxiques (AINS) et à l’automédication.

Tolérance rénale et Prévention de la toxicité rénale du cisplatine

– Protocole d’hydratation (patient hospitalisé) :

L’hyperhydratation doit être réalisée à l’aide de sérum salé isotonique et doit être débutée au moins 12 h avant l’administration de cisplatine, poursuivie durant l’administration (diluer le cisplatine avec 1000 ml de sérum salé) et maintenue pendant les 24 heures suivant l’administration.

Avant et après l’injection du médicament, le volume du sérum salé à perfuser est généralement de 500 à 1000 ml par tranche de 2 à 4 heures à ajuster en fonction de l’état cardiaque et de la diurèse du patient. La diurèse induite par une telle hydratation doit être au moins de 100 ml/heure.
Si le patient présente une oligoanurie malgré cette hydratation, un avis néphrologique est nécessaire, l’utilisation des diurétiques est déconseillée.

 

– Protocole d’hydratation (patient non-hospitalisé) :

Dans le cas où le patient est non-hospitalisé et reçoit la chimiothérapie en hôpital de jour, il est conseillé de recommander une hydratation abondante, per os, de préférence à l’aide d’une eau riche en sodium (Vichy Celestin® ou Vichy Saint-Yorre® par exemple) la veille et le lendemain de la chimiothérapie (2 à 3 litres par jour).

Le jour de la chimiothérapie une hydratation par voie IV sera mise en place selon les règles citées ci-dessus.

Tolérance rénovasculaire des anti-VEGF

• Clairement un effet classe :

– lié à l’inhibition de la voie du VEGF

– commun à toutes les molécules antiVEGF

 

renalsideeffect

Chimiothérapies, Thérapie Ciblées et Rein Adaptations posologiques

– Service ICAR

– Coordination du traitement avec le Néphrologue

Service ICAR

Service de Conseil et d’aide à la prescription chez le patient insuffisant rénal

 

• Comment contacter le Service ICAR :

– Téléphone : 01.42.17.72.30

– Télécopie : 01.42.17.72.12

– E-mail : icar.nephro@psl.aphp.fr

– Formulaires sur le web :

• Sur le SiteGPR®

• Sur le site de la Société de Néphrologie

Adaptation posologique

adaptationposologique

 

Les autres tableaux sont disponibles sur le PDF

Conduite à tenir en cancérologie

Évaluation de la fonction rénale à l’aide de la formule MDRD

– Au diagnostic de cancer

– Avant chaque cure de chimiothérapie

–> MDRD ≥ 90 –> Fonction rénale normale. Prise en charge habituelle

 

Évaluation de la fonction rénale à l’aide de la formule MDRD

– Au diagnostic de cancer

– Avant chaque cure de chimiothérapie

 

60 ≤ MDRD < 90

SOIT

Pas d’adaptation posologique

—> EXCEPTION : Carboplatine Dose déterminée à l’aide de la Formule de Calvert quel que soit le DFG

SOIT

Patient à risque de toxicité rénale

—> Surveillance de la fonction rénale (SCR pour IRA et MDRD pour IRC)
– Mesures de prévention

 

Évaluation de la fonction rénale à l’aide de la formule MDRD
– Au diagnostic de cancer – Avant chaque cure de chimiothérapie

MDRD < 60

SOIT

Patient à risque de toxicité rénale

—> – Surveillance de la fonction rénale (SCR pour IRA et MDRD pour IRC) – Mesures de prévention

 

SOIT

Adaptation Posologique

—> Information sur la dose adaptée : – Résumé des Caract. du Produit – Référentiel Inter-Régional – Service ICAR

Annexes

• Sources d’Information Service ICAR : SiteGPR®

• Outils

• Bibliographie

• Glossaire

• Annexe 1 : Evaluation de la fonction rénale chez les patients atteints de cancer

• Annexe 2 : L’insuffisance rénale en cancérologie

• Annexe 3 : Insuffisance rénale et risque CV

• Annexe 4 : L’insuffisance rénal et mortalité en oncologie

 

 

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