Compressions médullaires

    #Urgence en cancérologie

Dernière mise à jour : 03/12/2010


Les patients atteints de cancer sont particulièrement fragiles du fait de leur maladie cancéreuse et des traitements qui leur sont délivrés.

Sous la thématique « Urgences chez le patient atteint de cancer » sont regroupées des situations cliniques présentant un risque vital ou des séquelles si des mesures thérapeutiques ne sont pas mises en œuvre rapidement.

Ce référentiel s’adresse aux médecins généralistes et aux équipes médicales des services d’urgence et aborde les compressions médullaires.

Les directives anticipées des patients doivent être prises en compte lors de la prise en charge du patient.

Explorer les chapitres de ce référentiel

Contributeurs

Coordination

Nadine MEYER (RRC-RA), Vincent GAUTIER (RRC-RA)

Membres du groupe de travail

Pascale BETHENOD(RRC-RA), Philippe DEBOURDEAU (RRC-RA), Yves DEVAUX (RRC-RA), Cyprian ENACHESCU (RRC-RA), Vincent GAUTIER (RRC-RA), René-Pierre (RRC-RA), Hélène LABROSSE (RRC-RA), Caroline MAINDETDOMINICI (RRC-RA), Claire MALLAVAL (RRC-RA), Annyck MARION (RRC-RA), Philippe MAYRAND (RRC-RA), Nadine MEYER (RRC-RA), Olivier MOCQ (RRC-RA), Christophe MORILLE (RRC-RA), Olivier PALOMBI (RRC-RA), Michel PAVIC (RRC-RA), Claude PIOT-BOISSIER (RRC-RA), Isabelle RUFFIER (RRC-RA), Pierre VALLESE (RRC-RA), Nathalie VOCANSON (RRC-RA)

Relecture Laurence

BAHUET (ONCO POITOU CHARENTE), Jean-Christophe FAIVRE (ONCOLOR), Fadila FARSI (RRC-RA), Annick LEROL (ONCORIF), Patrick MERLIN (ONCOLOR), Bernard ROULLET (ONCO POITOU CHARENTE)

Contributeurs (participants aux ateliers des J2R du JJ/MM/AA)

Fréderic AUGIER (ONCORUN), Isabelle BEREDER (ONCOPACA), Véronique BLOCK, Noël BRUNIES (ONCOLIM), Jacques CAMERLO (ONCOPACA), Laurent CENARD (ONCORIF), Bernard CHERU (ONCONORMAND), Christine CLESSE (ONCOLOR), Anne Laure COUDERC (ONCOPACA), Fernand COURTOIS (Belgique), Odile DUGUEY CACHET (RRC Aquitaine), Adoracion ESTESO (ONCORIF), Jean Christophe FAIVRE (ONCOLOR), Brunella FIORINI, Véronique FRASIE (ONCOLOR), Vincent GAUTIER (RRC-RA), Véronique GUERIN MEYER (ONCO PAYS DE LOIRE), Janine GUILLOT MOUNIE (ONCORIF), Franck HECHT (ONCORIF), Lucile HERVOUET (ONCORIF), Hélène LABROSSE (RRCRA), Fetto LAOUDI (ONCORIF), Emmanuelle LE TROCQUER (ONCOLOR), Patricia LEMAITRE (RRC-RA), Sophie LESQUERBAULT (ONCO NORD PAS DE CALAIS), Didier MAYEUR (ONCORIF), Philippe MAYRAND (RRC-RA), Patrick MERLIN (ONCOLOR), Nadine MEYER (RRC-RA), Renée MORANI (ONCOPACA), Laure MUSIL (RRC-RA), Gilles NALLET (ONCOLIE), Didier NAOURI (ONCORIF), Marie Christine PAILLER (ONCORIF), Anny PAROT MONPETIT (ONCOBRETAGNE), Frédérique PECHINOT (ONCORIF), Maria PEDRO (ONCORIF), Annie PERRIER (ONCOCENTRE), Henri PIERSON (ONCOLOR), Claude PIOT BOISSIER (RRC-RA), Christelle RENON (ONCORIF), Robert RIOU (RRC-RA), Marie Luce ROBIN (ONCORIF), Elisabeth SCHADT (RRC-RA), Nathalie TESNIER (ONCOCHA), Anne Catherine VANNEUVILLE (ONCOBOURGOGNE), Edwige VIMARD (RRC Aquitaine)

Justification/Sommaire du référentiel

Les patients atteints de cancer sont particulièrement fragiles du fait de leur maladie cancéreuse et des traitements qui leur sont délivrés.

Sous la thématique « Urgences chez le patient atteint de cancer » sont regroupées des situations cliniques présentant un risque vital ou des séquelles si des mesures thérapeutiques ne sont pas mises en œuvre rapidement.

Ce référentiel s’adresse aux médecins généralistes et aux équipes médicales des services d’urgence.
Les directives anticipées des patients doivent être prises en compte lors de la prise en charge du patient.

Suspicion de compressions médullaires

Signes d’appel

Douleurs rachidiennes et/ou radiculaires (en moyenne 7 semaines avant l’apparition du déficit neurologique) Signes neurologiques déficitaires :

– déficit moteur : diminution de la force

– déficit sensitif

– déficit neurovégétatif : paraplégie spasmodique ou flasque, trouble sphinctérien ou syndrome complet de la queue de cheval, iléus paralytique, etc…

Survenue d’un tassement rachidien, symptomatique ou non

 

Symptomatologie à caractère d’urgence

Préconisation :

• Examen clinique, dont examen neurologique

• Imagerie : si fractures, utilisation possible de la classification de MAGERL

– IRM du rachis total, à défaut scanner injecté

– Radiographie : rachis standard complet, demander si signes d’épidurite

• Prise en charge de la douleur sans oublier sa composante neuropathique

• Pose d’une sonde urinaire

• Repos au lit strict: mobilisation monobloc

• Si transport nécessaire: matelas coquille

-> Les corticoïdes n’ont pas montré d’efficacité. Recours aux corticoïdes qu’en cas d’épidurite.

 

Détermination du score prédictif de Tokuhashi Discussion oncologue / urgentiste / chirurgien pour décision de prise en charge chirurgicale rapide?

 

Oui

Préconisation:

Chirurgie –> Si métastases de cancer du rein, thyroïde, tumeurs endocrines, embolisation avant la décompression médullaire

Non

Préconisations:

• Immobilisation.

• Radiothérapie en urgence dans les 24 premières heures: dans ce cas débuter une corticothérapie +++

• Prise en charge de la douleur

• Hospitalisation en service adapté: unité de soins palliatifs ou service d’oncologie…

Classification de Magerl

La classification de MAGERL peut être utilisée pour décrire les fractures métastatiques et n’est pas valable pour les compressions sans fractures.

Score prédictif de Tokuhashi modifié

Considère, en plus des six paramètres évalués par le score prédictif de Tokuhashi, les phases thérapeutiques :

Phases thérapeutiques :

– épuisement thérapeutique

– déjà prétraité

– virginité thérapeutique

Quatre groupes pronostiques à distinguer selon le total du score :

T de 0 à 4 : pas d’intervention
T de 5 à 8 : chirurgie décompressive et antalgique
T de 9 à 12 : chirurgie antalgique et stabilisatrice
T > 12 : chirurgie curatrice et stabilisatrice à long terme

Indice de Karnofsky

A estimer avant le déficit moteur ou l’épisode de compression.

L’indice de Karnofsky évalue l’état de performance du patient vis à vis des activités professionnelles ou physiques, des activités domestiques et des activités élémentaires :

• de 100 à 80 % , le patient est encore capable d’assumer des activités professionnelles ou physiques

– 100 % : normales, intenses et sans difficulté; aucune doléance; aucun signe de maladie
– 90 % : normales + gêne modérée; symptômes cliniques mineurs
– 80 % : réduites; capable de mener une activité normale mais avec des efforts; apparition de quelques symptômes cliniques

 

• de 70 à 50 % , le patient est encore capable d’avoir une activité domestique (activité réduite, à domicile)

– 70 % : à peu près normale, sans aide, mais incapable d’avoir une activité professionnelle ou physique normale ou nécessitant un effort
– 60 % : restreinte aux besoins personnels; nécessite une aide occasionnelle, mais est capable d’assumer la plupart de ses besoins
– 50 % : minime, avec assistance importante mais encore intermittente; soins médicaux fréquents

• au-dessous de 50 %, le patient est atteint d’incapacité pour les besoins élémentaires (nécessité d’une aide permanente)

– 40 % : patient handicapé, nécessitant des soins spéciaux et une assistance permanente
– 30 % : patient gravement handicapé, fréquemment alité; hospitalisation indiquée, bien que la mort ne soit pas imminente
– 20 % : patient grabataire, hospitalisation nécessaire; nécessité d’un traitement actif de soutien vital
– 10 % : patient moribond

BIBLIOGRAPHIE

•Akram H. et al. Spinal surgery for palliation in malignant spinal cord compression. Clin Oncol. 2010;22(9):792-800.

•Chaichana KL et al. Vertebral compression fractures in patient presenting with metastatic epidural spinal cord compression.Neurosurgery. 2009;65(2):267-74

•Loblaw L. Et al. Systematic review of the diagnosis and management of malignant extradural spinal cord compression: the Cancer Care Ontario Practice Guidelines Initiative’s Neuro-Oncology Disease Site Group. J Clin Oncol. 2005 Oct 20;23(30):7750-1

•Prasad D. Malignant-spinal cord compression. Lancet Oncology. 2005 ;6(1):15-24

Explorez les autres référentiels

Devenez membre de l'afsos