Rééducation en Neuro-oncologie

Dernière mise à jour : 24/03/2013


 

Objectifs

Cadre de partenariat entre les différents acteurs

Aide pour le (neuro)oncologue

  • Sensibilisation aux tableaux cliniques et à l’évaluation préliminaire
  • Identification des différentes ressources (différents acteurs) et modalités (libérale et institutionnelle – critères associés) accessibles
  • Orientation des patients
  • Meilleure appréhension des modalités d’évaluation et de prise en charge (tests, techniques et termes en annexe) par le rééducateur
  • Matérialisation des échanges : modalités de prescription administratives et médicales, initiales et lors du suivi

Aide pour les rééducateurs

  • Informations sur contexte oncologique
  • Propositions de parcours de soin selon l’atteinte clinique et le pronostic
  • Choix des techniques d’évaluation (tendre vers une relative homogénéité)
  • Choix des protocoles de prise en charge
  • Matérialisation du suivi : comptes rendus (bilan initial – bilan intermédiaire – fin de prise en charge)

=> Développement de l’interdisciplinarité

=> Amélioration de qualité des soins

 

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NEURO-ONCOLOGIE

Domaines d’intérêt

 

• Diagnostic et traitement des tumeurs primitives ou secondaires du système nerveux et de ses enveloppes

• Complications neurologiques des malades traités pour un cancer (liées à la maladie ou aux traitements)

• Pathologies neuro-oncogénétiques

NEURO-ONCOLOGIE ( 2 )

Tumeurs primitives

 

  • Classification OMS de référence 2007 : >100 entités
  • Grades histo-pronostiques : de I (tumeurs bénignes) à IV
  • 15 à 19 cas /100 000 habitants/an soit 10 000 nouveaux cas par an dont environs 4000 gliomes Gliomes (50%) >Méningiomes (30%) >autres types tumoraux
  • Majorité de tumeurs malignes (glioblastomes = tumeurs de grade IV OMS)
  • Pondération pronostique par marqueurs moléculaires

— MGMT (glioblastomes)

— 1p19q (gliomes anaplasiques et gliomes diffus de bas grade)

— IDH 1 et 2 (gliomes)

NEURO-ONCOLOGIE ( 3 )

Métastases

 

• Environ 25 % des malades suivis pour un cancer présenteront une évolution métastatique cérébrale

• Certaines tumeurs sont plus représentées : poumon – sein – mélanome – tube digestif – rein

• Dans ⅔ à ¾ des cas la maladie tumorale est disséminée lors du diagnostic de métastase encéphalique.

Neuro-Oncologie ( 4 )

Traitements et pronostic

 

neurologique1

REEDUCATION MEDECINE PHYSIQUE ET READAPTATION

• Médecine spécialisée = médecine de la fonction

— Rôles

 – diagnostique

 – thérapeutique

– coordination prise en charge globale pluridisciplinaire

— Techniques

– médicales

– paramédicales

— Modalités

– suivi coordonné

 – ambulatoire ou institutionnel

 

• Projet de soin : rééducation-réadaptation

 

• Projet de vie : réadaptation-réinsertion

PRISE EN CHARGE EN NEURO-ONCO-REEDUCATION ( 2 )

Quand ?

 

• La prise en charge est possible à toutes les phases de la maladie mais avec des objectifs différents selon le pronostic :

— bénéfices « curatifs »

— bénéfices « fonctionnels et palliatifs »

 

— bénéfices de « confort en fin de vie »

 

• Elle nécessite une double expertise : rééducateurs/MPR et neuro-oncologue

 

–> Démarche diagnostique –> Proposition thérapeutique après éventuelle discussion en RCP (Bénéfices/Risques – Attente du patient ) –> Intervention

PRISE EN CHARGE EN NEURO-ONCO-REEDUCATION ( 3 )

Comment ?

 

• Selon la déficience, le symptôme, la fonction atteinte, la participation

 

• Selon le caractère isolé ou diffus des conséquences de la lésion cérébrale (atteinte segmentaire ou globale, motrice et/ou cognitive et/ou sensorielle)

 

• Selon l’intensité du ou des déficit(s)

 

• Selon des signes associés : fatigabilité, douleurs…

 

• Selon le pronostic ou la phase thérapeutique

 

• Selon l’environnement : familial / social / géographique

 

• Selon les ressources médicales / paramédicales mobilisables

 

• Selon l’attente du patient et de la famille

PRISE EN CHARGE EN NEURO-ONCO-REEDUCATION ( 4 )

LES RESSOURCES (variées et complémentaires)

 

• Prise en charge libérale ou au sein des unités (neuro)oncologiques ou des structures de soins de supports

— la kinésithérapie

— la neuropsychologie

— l’orthophonie

— la psychologie clinique

 

• Les unités ou centres de rééducation et de réadaptation fonctionnelle

— le médecin MPR

— l’équipe de rééducation : ergothérapie, neuropsychologie, orthophonie, appareillage, service social…

— modalités de prise en charge : consultation, unité mobile, hospitalisation de jour, hospitalisation complète

 

• Les ressources sanitaires et médico-sociales structurées / les « réseaux » de territoire

— réseau cancérologique / soins palliatifs / personnes âgées

— HAD* (parfois HAD rééducation) / SSIAD*

— SAVS* / SAMSAH*

— MDPH* / réseaux cérébro-lésions / UEROS* / Comète* / MAIA

 

RÉÉDUCATION COGNITIVE ( 1 )

Symptômes, déficiences et atteintes fonctionnelles

 

• Champ des déficiences :

— Efficience générale et intellectuelle

— Aspects thymiques et émotionnels

— Aspects cognitifs

– attention
– mémoire
– troubles exécutifs
– troubles phasiques

 

• Retentissement fonctionnel :

— Gêne, plainte, retentissement sur la vie quotidienne

– exprimés par le patient

– exprimés par l’entourage

 

• Facteurs contextuels :

— Contexte familial et socioprofessionnel

— Entourage et cadre de vie

RÉÉDUCATION COGNITIVE ( 2 )

Indications électives de la prise en charge cognitive ambulatoire

 

• Patients présentant une altération cognitive légère à modérée

• Avec capacités de communication suffisantes (en cas de troubles langagiers importants, la rééducation orthophonique sera prioritaire)

• Pathologie oncologique en phase de stabilisation/rémission

• PEC adaptée à l’état clinique, au projet de vie
DONC

1)    Plutôt orientée pour les patients atteints de tumeurs de bas grade (infiltrantes ou non)

2)     A discuter au cas par cas pour les patients atteints de tumeurs de haut grade (si phase de rémission et relatif bon état général)

3)     Possibilité de proposer une prise en charge palliative dans certains cas de démences post-radiques (mise en place et utilisation d’aides externes, au domicile du patient et avec accompagnement par l’entourage)

RÉÉDUCATION COGNITIVE ( 3 )

A qui et comment adresser les patients ? Quelle prescription initiale de la part du clinicien ?

 

• Patient adressé par le médecin oncologue référent

 

• Courrier médical indiquant en particulier

— contexte oncologique et traitements antérieurs ou en cours (chirurgie, RT, CT)

— état clinique général

— troubles et/ou plaintes cognitives pressentis motivant la demande.

• Selon les centres et/ou ressources locales, patient adressé

— au médecin de MPR

— au neuropsychologue (unité de neuropsychologie, libéral…)

— dans le cadre d’une consultation ou d’une évaluation plus globale (neurologie, neuropsychologie, neuro-rééducation, MPR) (HJ ou HS).

RÉÉDUCATION COGNITIVE ( 4 )

Le bilan initial du neuropsychologue

 

• Objectif : évaluer les fonctions cognitives et thymiques afin de mettre en évidence un profil précis des capacités altérées et préservées

 

• Moyens :

— Entretien clinique avec le patient et un accompagnant, éventuels questionnaires d’évaluation et de qualité de vie

— Réalisation de tests neuropsychologiques (évaluation attentionnelle, mnésique, exécutive) sélectionnés selon :

– des facteurs généraux (ex : histologie et localisation tumorale)

– des facteurs personnels (ex : âge, NSC, plainte cognitive)

— Éventuellement complété par des mises en situations pratiques de la vie quotidienne (aspects écologiques).

RÉÉDUCATION COGNITIVE ( 5 )

Les grandes modalités de prise en charge (1)

 

Programme de remédiation déterminé selon :

– le profil neuropsychologique du patient

– les plaintes et les besoins du patient

 

• Comment ?

— En service institutionnel (MPR, Neurologie, Neurochirurgie) (consultation, hospitalisation de jour, hospitalisation de semaine selon les éventuels autres objectifs couplés)

— En libéral (en cabinet ou à domicile) par un neuropsychologue (possibilités de prestations exceptionnelles de la sécurité sociale ou prestation compensatoire du handicap (PCH*)) ou orthophoniste spécialisé en neuropsychologie (cotation et remboursement sécurité sociale)

 

• A quel rythme ?

— 1 à 4 séances hebdomadaires de 30 à 45 min) (selon fatigabilité, motivation et investissement du patient)

— durée minimale de 3 mois (selon évolution du patient – pas de durée maximale)

RÉÉDUCATION COGNITIVE ( 6 )

Les grandes modalités de prise en charge (2)

 

Principes de séances de REMEDIATION :

 

• Séance de psycho éducation initiale

— Améliorer la compréhension par le patient de sa pathologie et de ses troubles

— Favoriser sa compliance

 

• Principales voies de rééducation

— Approche restaurative : réentraînement (ex : concentration) ou réapprentissage (ex : tables de multiplication)

— Approche compensatoire : mise en place de stratégies (ex : agenda mémoire) de compensation très souvent complémentaires

 

• Support

— Exercices papier/crayon

— Exercices informatisés (complément d’entraînement, supervisé, réalisable à distance, à domicile, aspect plus ludique favorisant la motivation et la compliance)

— Réalité virtuelle

— Lors de la rééducation, le patient ne doit pas être entrainé en utilisant des outils d’évaluation

RÉÉDUCATION COGNITIVE ( 7 )

Le bilan de fin de prise en charge

 

• Durée de la remédiation en fonction des objectifs et de la progression

 

• Bilan final reprenant les éléments de l’évaluation initiale (le choix des tests devra tenir compte des modalités de rééducation et des évaluations intermédiaires)

 

• Évaluation de l’efficacité de la prise en charge

— sur le travail réalisé lors des séances

— sur la généralisation dans les situations de vie quotidienne

 

• Avec document synthétique de fin de prise en charge

— bilan initial – objectifs – remédiation – bilan final

— A destination du prescripteur et des intervenants

REEDUCATION LANGAGIERE et de COMMUNICATION ( 1 )

Symptômes, déficiences et atteintes fonctionnelles

 

Champ de compétence de l’orthophonie :

— Troubles du langage (oral et écrit) : – aphasies

— Trouble de la voix, de l’articulation, de la parole : – dysarthrie, dysphonie

— Troubles de déglutition – prise en charge pluridisciplinaire : médecin, kinésithérapeute et/ou orthophoniste, ergothérapeute, diététicienne

— Communication

— Calcul et raisonnement

— Fonctions exécutives

— Autres fonctions cognitives

 

–> Déficiences sur le plan analytique

–> Répercussions sur le plan fonctionnel : gênes et plaintes exprimées par le patient et/ou son entourage sur les retentissements de ces déficiences dans la vie quotidienne

REEDUCATION LANGAGIERE et de COMMUNICATION ( 2 )

Les troubles du langage

 

• Sémiologie focale des tumeurs temporales de l’hémisphère dominant

 

• Pas de conférence de consensus (contrairement à l’aphasie vasculaire)

 

• Des éléments de preuve de l’efficacité de la rééducation par rapport à l’évolution spontanée (deux fois plus de progrès) par un(e) orthophoniste commencent à apparaître.

 

• Référentiel HAS sur l’orthophonie de 2008.

REEDUCATION LANGAGIERE et de COMMUNICATION ( 4 )

Le bilan orthophonique ( 1 )

 

• Objectifs :

— Évaluer les capacités et troubles du patient

— Établir un diagnostic orthophonique (profil aphasiologique)

— Décider de la nécessité d’indiquer un suivi orthophonique : intérêt d’une réflexion en équipe pluridisciplinaire

— Mettre en place, le cas échéant, un projet thérapeutique

 

• Moyens (1) :

— Entretien : observation et écoute du patient et de son entourage proche

— Anamnèse : ensemble des renseignements recueillis sur le patient et ses troubles (entretien dirigé)

– Données générales (âge, niveau de scolarisation, latéralisation, moment de survenue des troubles…)

– Pathologies et éventuels traitements médicaux

– Troubles associés

– Facteurs psychoaffectifs

– Plaintes et demandes du patient

= temps fondamental : mise en place de la relation thérapeutique et aide à la pose de diagnostic

 

• Moyens (2) :

— Evaluation clinique de première intention Dans le cadre notamment d’une hospitalisation, au chevet du patient encore alité

– Lorsque l’administration de tests formels et de passation longue est difficilement envisageable

– Épreuves rapides, standardisées ou non, testant, si possible, toutes les modalités du langage

– Importance de l’évaluation de la communication formelle

– Établissement des premiers éléments diagnostics

 

— Evaluation clinique générale

– Utilisation de batteries standardisées explorant de façon systématique les différentes modalités du langage

– Évaluation du langage (analytique et fonctionnel), et de la communication (fonctionnelle et pragmatique)

– Intérêt de l’étude longitudinale de l’évolution des troubles (retest à distance et comparaison des scores)

– Épreuves complémentaires : praxies bucco-linguo-faciales, langage élaboré, calcul, évaluation attentionnelle et mnésique, fonctions exécutives, gnosies (intérêt du bilan neuropsychologique)

REEDUCATION LANGAGIERE et de COMMUNICATION ( 5 )

Les grandes modalités de la prise en charge orthophonique

 

Cadre

 

• En service institutionnel (MPR, Neurologie, Neurochirurgie) :

— Consultation

— Hospitalisation

 

• En libéral :

— Au cabinet de l’orthophoniste

— Au domicile du patient

 

• Durée des séances :

—  En institution : durée de la séance variable selon l’état général du patient (vigilance, fatigabilité…)

— En libéral : séances de 45 min selon la nomenclature des actes d’orthophonie

 

• Rythme : 1 à 5 séances hebdomadaires (variables selon le cadre, les possibilités du patient et l’intensité des troubles)

 

• Durée de la prise en charge : décidée par le thérapeute et en accord avec le patient, pas de durée maximale

REEDUCATION LANGAGIERE et de COMMUNICATION ( 6 )

Les grandes modalités de la prise en charge orthophonique

 

Objectifs

 

• Principe de :

— Restauration : rétablir les activités de langage dans l’état antérieur

— Réorganisation : réorganiser à partir de structures qui n’étaient pas, jusqu’alors, impliquées dans la fonction

— Compensation : favoriser une communication fonctionnelle, quel que soit le moyen compensatoire utilisé

 

• Préservation de la qualité de vie et de l’autonomie du patient

 

• Amélioration de la réinsertion familiale, professionnelle et sociale.

 

Moyens

 

• Obtention de l’adhésion du patient à la prise en charge

 

• Stratégie analytique : vise la restauration des fonctions langagières

 

• Approche fonctionnelle : vise la limitation du handicap au quotidien

 

• Information du patient et de son entourage

 

• Soutien à l’entourage

 

• Information, guidance et conseils auprès de l’équipe pluridisciplinaire.

 

 

Limites et difficultés

 

• Lésion cérébrale évolutive

 

• Détérioration intellectuelle globale

 

• Degré de sévérité de l’atteinte dans ses aspects linguistiques

 

• Troubles majeurs de la compréhension

 

• Très faible niveau culturel

 

• Troubles de la vigilance

 

• Anosognosie

 

–> Nécessité d’en tenir compte

–> Mais ce ne sont pas des contre-indications à la prise en charge

REEDUCATION LANGAGIERE et de COMMUNICATION ( 7 )

La fin de la prise en charge

 

• Nécessité

— D’effectuer un bilan comparatif

— D’anticiper et de réfléchir l’éventuel arrêt de la prise en charge

— D’en discuter, si possible, en équipe pluridisciplinaire

— D’y préparer le patient et son entourage

— D’éviter, dans certains contextes, le repli sur soi en proposant des alternatives, des situations propices aux échanges et au maintien d’une communication (activités, associations, groupes de parole…)

 

• Arrêt du suivi qui peut être motivé par différents facteurs

— Absence de progrès (rester cependant vigilant à la notion de maintien des capacités)

— Niveau langagier et communicationnel obtenu en relative adéquation avec les attentes du patient et les objectifs thérapeutiques initiaux

— Démotivation du patient…

 

• Possibilités

— De réorienter la prise en charge (nouveaux objectifs avec nouvelles hypothèses de travail, nouvelles méthodes…)

— De diminuer la fréquence des séances (prise en charge réduite) ou au contraire, de proposer la reprise d’un suivi intensif

— D’envisager une fenêtre thérapeutique (interruption provisoire du suivi)

— D’orienter vers un autre orthophoniste (nouveau regard, redynamisation du suivi, évitement de l’effet de lassitude et des risques liés à des prises en charge parfois longues)

RÉÉDUCATION de la DEGLUTITION (1)

Symptômes – Déficiences et atteintes fonctionnelles

 

• Champ des déficiences :

— Troubles de la préhension et de la préparation orale du bol
alimentaire

– bavage
– troubles de la mastication
– déglutition sans préparation

— Troubles de la déglutition oro-pharyngée

– blocages alimentaires
– fausses routes

— Troubles du transit œsophagien

• Retentissement fonctionnel :

— Complications nutritionnelles
— Complications pulmonaires

– pneumopathie récidivante
– bronchite, encombrement

— Retentissement psychologique et social

– contexte familial et social
– entourage et cadre de vie

RÉÉDUCATION de la DEGLUTITION ( 2 )

Indications électives de la prise en charge

• Patients présentant un symptôme spécifique

• Patient présentant un encombrement bronchique ou un épisode d’infection pulmonaire dans un contexte évocateur de troubles de la déglutition

• Patients ayant présenté des difficultés d’alimentation ou un retentissement nutritionnel dans un contexte évocateur de troubles de la déglutition

• La prise en charge est indiquée quelque soit la phase et l’état général du patient.

Les moyens mis en œuvre seront adaptés aux phases évolutives

Le risque vital à court terme justifie une prise en charge systématique du trouble

1 – La rééducation avec des exercices permettant d’assurer une déglutition la plus sécurisée des secrétions endogènes (salives, secrétions nasales, régurgitation…) est toujours possible tant que l’état général du patient le permet. Elle participe au confort en sus de protéger les voies aériennes

2 – Les adaptations alimentaires correspondant aux possibilités d’alimentation du patient demandent une approche spécifique pour garantir sa sécurité sans pénaliser sa qualité de vie

RÉÉDUCATION de la DEGLUTITION ( 3 )

A qui et comment adresser les patients ?
Quelle prescription initiale de la part du clinicien ?

 

Patient adressé selon des ressources locales :

• spécialiste médical réalisant des explorations de la déglutition

• kinésithérapeute ou orthophoniste

– l’orientation vers un orthophoniste sera privilégiée en cas de trouble de la phonation, de la parole ou du langage associée

– l’orientation vers un spécialiste médical (le plus souvent phoniatre mais il peut s’agir d’un ORL, MPR, gastro-entérologue ou neurologue selon région) est justifié dès que la situation est complexe.

• Prescription médicale indiquant « Bilan orthophonique et séances de rééducation si nécessaire »

• Courrier médical accompagnant la prescription :

– contexte oncologique et traitements antérieurs ou en cours (chirurgie, RT,CT)

– troubles et/ou plaintes en rapport avec la déglutition,

– survenue ou non de complications

– état des fonctions cognitives.

RÉÉDUCATION de la DEGLUTITION ( 5 )

Le bilan initial

• Objectifs : évaluer la fonction de déglutition, le comportement alimentaire et les risques sur le plan pulmonaire et nutritionnel pour :

–> déterminer le degré de sévérité
–> faire la part de la place des adaptations par rapport celle des
compensations et de la récupération

• Moyens :

— Entretien clinique avec le patient et un accompagnant sur les plaintes et les signes de complications

— Eventuels questionnaires d’évaluation et de qualité de vie et grille de dépistage pour les conséquences alimentaires et nutritionnelles

— Réalisation d’un bilan clinique des fonctions oro-bucco-faciales et des fonctions pharyngo-laryngées

— Réalisation d’un essai de déglutition et/ ou d’une observation de prise alimentaire

— Réalisation d’un bilan clinique respiratoire (encombrement, dyspnée) : voir si la toux peut être efficace en cas de fausse route.

Et en complément si besoin : test de la déglutition sous nasofibroscope et/ou vidéo-déglutition

RÉÉDUCATION de la DEGLUTITION ( 6 )

Les grandes modalités de prise en charge

• Comment ?

— En service institutionnel (MPR, Neurologie, Neurochirurgie)

— En libéral (en cabinet ou à domicile)

Nombre de séances très variable : de 1 pour la mise en place des adaptations déterminées par le bilan à 4 séances hebdomadaires pour un travail de rééducation intensif

 

• Moyens ?

— Rééducation plus ou moins instrumentalisée (stimulation électrique, feedback sensoriel…)

– exercices de réentrainement musculaire
– travail gnoso-praxique oro-bucco-facial
– travail de ré-afférentation sensitif et/ou sensoriel du carrefour aéro-digestif

— Apprentissage de méthodes compensatoires

– utilisation de postures lors de la déglutition
– manœuvres améliorant la coordination, la propulsion ou majorant la protection des voies aériennes lors de la déglutition

— Mise en place d’adaptations concernant

– les caractéristiques du bol alimentaire (texture, consistance, volume…)
– le geste alimentaire (modalité de mise en bouche, le positionnement lors de la prise…)
– les repas en terme de rythme, de fractionnement…
– la part de l’alimentation orale et son rythme si une alimentation non orale est indiquée, gestion des secrétions endogènes

— Techniques de désencombrement

RÉÉDUCATION de la DEGLUTITION ( 7 )

Le bilan de fin de prise en charge

 

• Évaluation de l’efficacité de la prise en charge

— sur l’évolution des troubles de la déglutition pendant la
période de prise en charge

— sur l’application en pratique des compensation ou adaptation
préconisées

— sur l’efficacité de ces mesures sur la gêne ressentie, le
retentissement pulmonaire, nutritionnel et psychosocial et sur
la survenue de complications

• Avec document synthétique de fin de prise en charge

— compte-rendu d’évolution

— à destination du prescripteur et des personnes susceptibles
d’assurer le suivi

RÉÉDUCATION PHYSIQUE (1)

Déficiences et Limitations dans les activités
• Champ des déficiences = symptômes et/ou syndromes à intégrer dans les objectifs de rééducation

— Tableaux cliniques : syndrome pyramidal, syndromes cérébelleux associant tout ou
partie de:

– déficits mobilité : Moteur – Sensitif – Tonus – Limitations articulaires / rétractions musculotendineuses / fragilité osseuse

– douleurs et troubles trophiques : douleurs nociceptives et/ou neuropathiques, œdème / inflammation

Parfois associé syndrome extrapyramidal / neuropathie / troubles vestibulaires

— Déficiences associées :

– déficits sensoriels : vision /audition
– déficits vésico-sphinctérien et sexuel
– troubles de déglutition
– capacités cardio-vasculaires

• Retentissement fonctionnel / Autonomie

— Marche / équilibre – préhension / coordination – endurance

— Alimentation / Entretien corporel

— Continence – Sexualité

— Autonomie dans les actes élaborés

• Facteurs contextuels: Domicile – Environnement humain – Activités professionnelles et occupationnelles

REEDUCATION PHYSIQUE ( 2 )

Indications d’une prise en charge ambulatoire

 

neurologique7

REEDUCATION PHYSIQUE ( 3 )

Indications de prise en charge en MPR : déficiences multiples

neurologique8

REEDUCATION PHYSIQUE ( 4 )

A qui et comment adresser le patient

neurologique10

REEDUCATION PHYSIQUE ( 6 )

Objectifs et prescription troubles sensorimoteurs : phase secondaire

 

neurologique9

RÉÉDUCATION PHYSIQUE ( 7 )

Modalités de prise en charge en kinésithérapie ambulatoire

Programme déterminé selon :
Déficits neuro-moteurs & capacités fonctionnelles / Etat général : fatigabilité, capacités cardiorespiratoires / Capacités de compréhension

 

• Comment ?

— En cabinet : à privilégier dès que possible
— A domicile : si pas de possibilité de déplacements (remboursement SS)
— Séances individuelles
— Possibilité de balnéothérapie au cas par cas, en l’absence de contre-indication.

• A quel rythme ?

— 4 à 5 séances hebdomadaires de 30 min au moins (selon fatigabilité et nombre de
déficits) (Durée à réévaluer selon évolution des déficits).
Nombre de séances hebdomadaires diminuées en phase d’entretien = stabilisation déficits.

• Principes :

— Techniques analytiques : rééducation sensorimotrice, renforcement musculaire,mobilisation, techniques instrumentales, physiothérapie…
— Travail fonctionnel : marche, préhension, équilibre.

RÉÉDUCATION PHYSIQUE ( 8 )

Modalités de prise en charge pluridisciplinaire

Programme déterminé selon : Déficits neuromoteurs & capacités fonctionnelles / Etat général : fatigabilité, capacités cardiorespiratoires / déficits associés

• Comment ?

— En service ou unité de rééducation : hôpital de jour ou hospitalisation complète

— A domicile éventuellement : HAD (HAD de rééducation), selon ressources locales

— Intervention kinésithérapeute, ergothérapeute, assistante sociale, équipe soignante

— 2 à 5 jours par semaine (selon fatigabilité, potentiel et récupération et nombre d’objectifs)
Durée à réévaluer selon évolution des déficits

— Ergothérapie pluri-hebdomadaire.

• Principes :

— Travail analytique de diminution des déficits

— Gain d’autonomie : travail fonctionnel des AVQ

— Compensation : appareillage, aides techniques, apprentissage de techniques réadaptatives (ex. relatéralisation…)

— Palliatif : prise en charge douleurs, installation, confort.

Déficiences vésico-sphinctériennes et sexuelles ( 1 )

Déficiences et atteintes fonctionnelles

• Champ des déficiences :

— Troubles urinaires : vessie neurologique / troubles uro-néphrologiques

— Troubles exonération fécale : constipation ++

— Troubles sexuels :
fonction érectile, libido <-> troubles organiques et psychologiques

• Retentissement fonctionnel :

— Plaintes, retentissement sur la vie quotidienne : incontinence urinaire (pollakiurie, impériosités, fuites), impact de constipation sur actes de vie quotidienne, vie sexuelle.

A qui adresser les patients ? Quelle prescription initiale

Selon les ressources locales et le bilan initial, patient adressé :

– Urologue
– MPR compétence en vésico-sphinctérien
– Sexologue

Prescription d’emblée :

– calendrier mictionnel
– voire si vessie neurologique –> examens : recherche retentissement : fonction rénale, échographie rénale avec RPM, infection urinaire.

Déficiences vésico-sphinctériennes et sexuelles ( 2 )

Le bilan initial

• Objectif : évaluer les fonctions urinaires et/ou sexuelles

— Etat du dysfonctionnement vésical et de son retentissement sur l’appareil urinaire

— Etat du dysfonctionnement sexuel et bilan étiologique : cause neurologique, médicamenteuse, psychologique.

• Moyens : diagnostic médical clinique et paraclinique

— Possibilité de bilan urodynamique dans le cas de vessie neurologique

Modalités de prise en charge

• Comment ?

— Prise en charge médicamenteuse ++ : générale ou locale

— Indications à une rééducation sphinctérienne périnéale limitées

— Surveillance ++ régulière de la vessie neurologique.

ATTEINTES PHYSIQUES

Phase initiale : Orientation et Organisation

neurologique11

Annexes

Annexe 1 : GRANDE HETEROGENEITE DES TUMEURS PRIMITIVES

Annexe 2 : BIBLIOGRAPHIE

Annexe 3 : LEXIQUE

Annexe 4 : COMPENSATION DU HANDICAP

Annexe 5 : REEDUCATION COGNITIVE

Annexe 6 : REEDUCATION LANGAGIERE et de COMMUNICATION

Annexe 7 : RÉÉDUCATION PHYSIQUE

Annexe 8 : CONTRIBUTEURS

 

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