Symptômes articulaires liés aux traitements du cancer

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Dernière mise à jour : 14/04/2014


Pourquoi un référentiel « symptômes articulaires (SA) liés aux traitements du cancer » ?

  • Symptômes souvent sous-estimés par les soignants
  • Peuvent survenir dans les 2 sexes, avec de nombreuses molécules, dans différents cancers et donc dans des contextes très varié
  • Peuvent être « transitoires » ou « chroniques » en fonction de l’indication thérapeutique
  • Peuvent altérer la qualité de vie des patients et de façon durable
  • Nécessitent une prise en charge multidisciplinaire et un accompagnement tout au long du parcours de soin pendant et dans l’après-cancer.

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Pourquoi un référentiel « symptômes articulaires (SA) liés aux traitements du cancer » ?

• Symptômes souvent sous-estimés par les soignants

• Peuvent survenir dans les 2 sexes, avec de nombreuses molécules, dans différents cancers et donc dans des contextes très variés

• Peuvent être « transitoires » ou « chroniques » en fonction de l’indication thérapeutique

• Peuvent altérer la qualité de vie des patients et de façon durable

• Nécessitent une prise en charge multidisciplinaire et un accompagnement tout au long du parcours de soin pendant et dans l’après-cancer

Définition et grades

Définition et symptomatologie

– Dans la littérature multiples définitions : douleurs articulaires, désordre musculo-squelettique incluant les douleurs articulaires, arthrite… épanchement, douleurs musculaires, raideur….

– Les syndromes articulaires (SA) décrits dans la littérature sont souvent sous estimés et rapportés « a posteriori » comme effets secondaires et non recherchés systématiquement « a priori ».

D’où l’absence de définition précise et d’homogénéité des manifestations d’une étude à l’autre.

Données de la littérature concernant quasi-exclusivement les SA liés au traitement par inhibiteurs de l’aromatase et aux taxanes.

Définition et grades 2

Pour ce référentiel, nous avons aussi choisi d’être pragmatique et de différencier les différents syndromes en :

– Syndrome articulaire : ensemble des manifestations touchant les articulations : douleur, raideur, synovite, épanchement, …

– Syndrome tendineux : ensemble des manifestations touchant les tendons et/ou leur gaine : tendinite, teno-synovite, rupture tendineuse partielle ou totale, conflit tendino-osseux.

– Syndrome canalaire : ensemble des manifestations neurologiques en rapport avec la compression d’un nerf périphérique dans des zones anatomiques particulières qui correspondent à un lieu de passage étroit pour le cheminement du nerf.

– Syndrome musculaire : ensemble des manifestations touchant les muscles : douleur spontanée ou provoquée, crampes ..

– Syndrome rachidien : ensemble des symptômes traduisant la souffrance vertébrale et para vertébrale essentiellement douleur, fixe correspondant au niveau de la lésion, réveillée par la percussion de la vertèbre en question (signe de la sonnette). Il peut s’y associer une contracture musculaire para-vertébrale.

Ce référentiel ne concerne pas les douleurs liées aux métastases osseuses.

 Grades NIH :

Les intensités sont aussi peu ou mal définies dans la littérature. On remarquera également la modification récente de la classification du NCI-CTC (réduction à 3 grades pour les manifestations ostéo-articulaires) (Cf. annexe p 27-28) Nous avons opté pour CTCAE 4.0 du NCI (traduction française par de la FFCD)

Quelles sont les molécules impliquées ?

Hormonothérapies : – Patient(e)s présentant un cancer du Sein (Cf. annexe p29-30) – Patients présentant un cancer de la Prostate (Cf. annexe p31)

Chimiothérapies : (Cf. annexes p 32-35) – Taxanes – Autres chimiothérapies

Thérapies ciblées : – Anticorps monoclonaux, anti tyrosines kinases, anti angiogéniques, autres

Autres thérapeutiques – Facteurs de croissance – Inhibiteurs de la résorption osseuse

SA/au cours des hormonothérapies

Hormonothérapies :

Patient(e)s présentant un cancer du Sein :

– Inhibiteurs de l’aromatase : incidence varie de 8% à 36 % dans les études randomisées et jusqu’à 50 % dans les études observationnelles

– mais également tamoxifene : incidence varie de 12 à 30 % dans les études randomisées

Hormonothérapie : Patients présentant un cancer de la Prostate

Hormonothérapie : Patients présentant un cancer de la Prostate

cancer prostate

SA/au cours des chimiothérapies

Des effets secondaires à type de douleurs articulaires et myalgies sont décrits dans de nombreuses chimiothérapies avec des incidences variables, mal définies.

Nombreuses molécules incriminées:

• Sels de platines, vinca-alcaloïdes, cyclophosphamide, … (Maravic M et al. Rev Rhum 2002).

• La liste est longue : Xeloda, clofarabine, déticene, dasatinib, decitabine, gemcitabine, lenalidomide, bortezomib, Yondelis, Myocet et Caelyx (cf. RCP produits)

Taxanes :

• Paclitaxel (Taxol®) ,

• Docétaxel (Taxotère®)

• Cabazitaxel (Jevtana®)

SA /thérapies ciblées et autres traitements

Thérapies ciblées :

• Anticorps monoclonaux, anti tyrosine-kinases, Anti angiogéniques, autres

• Sutent, Nexavar, Affinitor, Inlyta, Avastin, Herceptin, Mabthera, Glivec, Nilotinib, Vesanoid, … donnent aussi régulièrement entre 2 et 10% environ de douleurs osseuses, arthralgies, myalgies (Cf. RCP des produits).

Autres thérapeutiques

Facteurs de croissance

• 26 à 59% de douleurs osseuses. Non abordé ici (Cf. ref neutropénie)

Inhibiteurs de la résorption osseuse : Bisphosphonates et denosumab

• Arthralgies 21 à 25% (Fizazi et Stopeck).

Clinique : SA /Hormonothérapie (données pour les inhibiteurs de l’aromatase)

Présentations cliniques

— Douleurs articulaires à type de polyarthralgies : 

• Dérouillage matinal 

• Siège : surtout mains, genoux, hanches, épaules, rachis lombaire 

• Intensité variable 

• Aggravation de douleurs articulaires préexistantes (arthrose) 

• Manifestations inflammatoires plus rares, pouvant faire évoquer un rhumatisme inflammatoire débutant

— Tendinites, ténosynovites, doigts à ressaut

— Syndrome du canal carpien

— Myalgies spontanées ou provoquées, crampes…

 

Durée des symptômes articulaires

— Disparition des symptômes dans les 6 mois pour 50 % des patientes

— 75 % des symptômes ont disparu au bout de 18 mois

— A l’arrêt du traitement : le plus souvent disparition des arthralgies 1

Clinique : SA /Hormonothérapie (données pour les inhibiteurs de l’aromatase)

Facteurs de risque :

L’augmentation du risque est évoquée :

• En cas de surpoids mais données contradictoires

• En cas de prise de traitement hormonal de la ménopause antérieure

• En cas de chimiothérapie antérieure Fréquence X 4

Facteurs favorisants ?

Rôle de l’âge, de l’ancienneté de la ménopause ?

Clinique : SA /Chimiothérapie par Docetaxel

Présentations cliniques

• Douleurs apparaissant 24–72 heures après l’injection

• S’amendent habituellement en 4 à 5 jours

• Sensations de douleurs diffuses essentiellement musculaires, crampes, parfois intensité +++

• Pas de données sur l’intensité et l’incidence avec le générique

Apport de la biologie et de l’imagerie

Le bilan immunologique et d’imagerie est réservé au rhumatologue dont l’avis est sollicité en cas :

• de persistance des douleurs,

• de signes inflammatoires locaux (épanchement, synovite, rougeur..), de signes extra-articulaires (syndrome sec, atteinte cutanée, digestive ..)

• et afin d’éliminer une maladie systémique, un rhumatisme inflammatoire ou à microcristaux …

Prise en charge des symptômes articulaires

Information :

• Au moment de l’annonce (par le médecin qui instaure le traitement)

• Et au cours du parcours de soin (par tous les intervenants (médicaux et non médicaux) dont le médecin traitant)

 

Communication :

Médecin d’annonce, dans le PPS (fiche AFSOS)

 

Evaluation :

• A l’instauration du traitement • Et à chaque consultation de suivi (fiche traceuse AFSOS (localisation, grade))

 

Prise en charge :

• Education du patient dès l’annonce et au cours du parcours de soin

• Prise en charge globale systématique

 

Réévaluation : Fiche traceuse de base et de suivi

 

Par qui ?

Tous les acteurs, médecin référent (chirurgien, oncologue, radiothérapeute), infirmières d’annonce et/ou de coordination, équipe des soins de support, médecin généraliste, gynécologue, rhumatologue, équipe spécialisée, algologue, etc.

 

Quand ?

A tout moment du parcours de soins

Prise en charge des symptômes articulaires

Intensité :

EVAechelleeva

 

Critères de gravité

G1-2-3 Cf. annexes p 27-28 classification CTCAE 4.0 du NCI (traduction française par de la FFCD)

Sites : schéma des zones douloureuses

capture-decran-2016-11-09-a-12-22-45

Evaluation et prise en charge par le rééducateur

Faire un bilan + spécifique de l’appareil locomoteur avec des éléments clés :

Douleur (avec les caractéristiques précises de la douleur ) Fatigue Etat cutané et trophique Bilan articulaire et postural Bilan sensitivomoteur Impact fonctionnel et sur la qualité de vie

Optimisation et adaptation du traitement à la symptomatologie ++

Moyens pouvant être utilisés

Physiothérapie (antalgie) Electrothérapie (antalgie , électrostimulation ..) Orthèses de repos (en position de fonction ++), contention, corsets Massage Mobilisation, travail du dérouillage, correction posturale Entretien musculaire, reconditionnement, APA Hygiène de vie, ergonomie Adaptation environnement + Médecines complémentaires, prise en charge psychologue, …

ANNEXES

ANNEXE 1 : Critères de toxicité

ANNEXE 2 : Incidence des SA sous hormonothérapie

ANNEXE 3 : Incidence des SA sous taxanes

ANNEXE 4 : Incidence des SA sous paclitaxel

ANNEXE 5 : Apport de la biologie et de l’imagerie

ANNEXE 6 : Bénéfice de l’activité physique sur la réduction des arthralgies

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