Je vis avec un
cancer de l'ovaire

Je me réconcilie avec moi même

Réconcilier son corps et son esprit En mettant à l’épreuve la chair et l’esprit, le cancer apparaît souvent comme la trahison d’un corps qu’on pensait maîtrisable. On se sent dépassée en perte de repère ; les projets de vie sont cham- boulés, les perceptions du corps et de soi sont modifiées. Comment se reconstruire, soulager ses blessures, redéfinir cette féminité que parfois l’on croit avoir per- du, abandonner le fantasme d’une vie idéale ? Cette reconstruction nécessaire comprend différents processus. Florence Barruel, psychologue clinicienne en oncohématologie au GHI de Montfermeil, revient sur ces interrogations et tente de donner quelques pistes pour vous aider à retrouver une certaine sérénité.

Accepter

Accepter, c’est prendre conscience qu’il est des événements qu’on ne peut maîtriser et contre lesquels la lutte ne fait qu’attiser l’isolement et la douleur. Accepter, c’est faire le deuil d’une vie contrariée par une contrainte imprévue et choisir d’en faire une opportunité pour tisser des liens nouveaux avec les autres et soi-même.

Sans acceptation, la reconstruction n’est pas possible.

Le rôle des psychologues spécialistes ?

Les psychologues spécialistes en oncologie peuvent vous aider à répondre aux questions que vous ou vos proches vous posez. Ils sont présents dans la plupart des centres de soins et auprès de certaines associations.

N’hésitez pas à demander conseil à votre équipe de soins qui pourra vous orienter vers un professionnel.

Être à l’écoute de ses sensations

 

Si le corps est un élément déterminant de notre identité, il ne saurait jamais la résumer à la seule image qu’il renvoie. En le modifiant, parfois profondément, les stigmates laissés par le cancer, la douleur, les effets secondaires obligent ainsi à le redécouvrir. En cherchant à se réapproprier ce corps, en étant à nouveau à son écoute, en se ré-ouvrant aux sensations agréables accessibles, on redevient plus doux avec et pour soi, on cicatrise.

Les approches corporelles (relaxation, sophrologie, danse…), la psychomotricité, l’esthétique sont de bons supports pour aider à renouer avec une sensualité oubliée, une féminité que l’on croit perdue et qui dépend d’abord de l’estime que l’on se porte.

Créer

La création est un principe de vie fondamental. Pour certaines, que la maladie obligera à oublier la « conception naturelle » d’un enfant, la PMA peut parfois constituer une possibilité de devenir mère.

D’autres, devront accepter de (pro) créer autrement : avoir des projets, les inventer, les accompagner, les suivre, laisser une trace… Laisser libre court à la créativité conduit à reconstruire une vie différente que celle dont on avait rêvé, mais plus « proche de soi », d’en faire un moteur puissant de sa guérison.

C’est peu dire que la maladie transforme la vie. Source de pertes, elle propose également des choix possibles pour mieux vivre, et il faut parfois du temps pour le reconnaître.

Se faire aider par des professionnels permet de trouver ses stratégies personnelles et d’être accompagnée dans ce parcours de renaissance pour retrouver le désir de vivre.

To-do list

  • Accepter
  • Être à l’écoute de mon corps
  • Créer et inventer des projets
  • Être en accord avec moi-même

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