Je vis avec un
cancer de l'ovaire

Je parle de sexualité

Le cancer de l’ovaire peut modifier l’intimité et nécessiter une adaptation à une nouvelle vie sexuelle. Le Dr Daniel Habold, médecin sexologue, vous donne des conseils pour retrouver une sexualité épanouie.

Le rapport au corps

Au-delà des douleurs abdominales temporaires dans les suites des traitements, les plaintes sont souvent en rapport avec des sensations désagréables de la privation hormonale qu’induit l’ablation des ovaires. Les représentations que certaines femmes se font de ce corps modifié peuvent également perturber leur sexualité.

Le corps conserve pourtant anatomiquement et sans risque la capacité à faire l’amour. Il est important de dépasser les tabous et de ne pas hésiter à en parler avec ses médecins voire un onco-sexologue.

Des moyens existent par ailleurs pour pallier les désagréments liés à la chirurgie et aux traitements.

Si une ménopause précoce survient, il sera nécessaire de préserver un sexe « fonctionnel » qui ne fasse pas mal pendant les rapports, en main- tenant sa lubrification.

Dans un premier temps, pour préserver une « bonne écologie », il est important de maintenir une hygiène intime raisonnée pour éviter de déséquilibrer la flore naturelle. Attention aux lavages trop fréquents ou avec des savons agressifs.

Le maintien d’une bonne souplesse des tissus peut se faire aussi en « s’exerçant » régulièrement à la pénétration dès que le chirurgien l’autorisera, toujours avec des gels lubrifiants, et parfois en complétant avec des aides par des cures locales à base d’acide hyaluronique en ovules.

Il faudra également s’adapter aux modifications du corps, bouffées de chaleur et autres désagréments psychiques induits par cette privation hormonale.

Le yoga, la relaxation, l’acupuncture et l’activité physique adaptée peuvent vous y aider et donnent de vrais résultats.

Dans le cadre d’une stomie

Si une stomie a été nécessaire, les infirmières d’éducation et les stomathérapeutes sauront vous donner les astuces pour maintenir une intimité et ré-érotiser le corps (type de poche, utilisation, vêtements, positions adaptées, dialogue…)

Quoi de neuf ? Zoom sur la technologie Mona Lisa Touch

La technologie par laser pulsé type Mona Lisa Touch® est dorénavant utilisée avec succès pour restaurer la muqueuse vaginale atrophiée par la privation hormonale, que ce soit au cours de la ménopause physiologique ou lorsqu’elle est secondaire aux traitements du cancer (ovariectomie, chimiothérapie, radiothérapie ou traitements anti hormonaux).

Sans contre-indication et agissant dès la première séance sur la stimulation des cellules du tissu conjonctif pour régénérer la muqueuse, cette technique indolore utilise un Laser CO² appliqué par sonde vaginale à 360 degrés pendant quelques secondes par le gynécologue ou les centres de soins par laser.

Ce procédé restaure le confort urinaire et les qualités du vagin qui retrouve souplesse et capacités de lubrification permettant ainsi de retrouver des rapports sexuels agréables.

Cette technique n’est pas réalisée par tous les centres, et demande en général trois premières séances espacées d’un mois, et une séance un an après. Elle peut être réalisée par certains services de gynécologues, des centres de soins laser, et de chirurgie plastique. Chaque séance coute environ 300€ et ne fait pas pour l’instant l’objet d’un remboursement.

Vous pouvez néanmoins interroger votre mutuelle ou les associations de lutte contre le cancer qui participent parfois à la prise en charge des frais.

Pour plus d’information, n’hésitez pas à vous adresser à votre l’équipe médicale.

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